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Fiches de résultats 17 octobre 2020

Renforcer les compétences, les perspectives économiques et l’autonomie des adolescentes et des jeunes femmes au Sahel

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La deuxième phase du projet axé sur l’autonomisation économique des femmes et le dividende démographique au Sahel (SWEDD), dont les moyens ont été fortement renforcés, a concerné plus de 2 millions de filles — contre des centaines de milliers lors de sa première phase. Grâce à la détermination des responsables politiques, des députés et des chefs traditionnels et religieux, le soutien apporté aux communautés a permis de maintenir les filles à l’école, créer des débouchés économiques pour les adolescentes et les jeunes femmes, réduire les violences sexistes et améliorer la santé sexuelle et reproductive ainsi que les compétences pratiques des adolescentes.

Défi

L’aptitude des pays à renforcer leur capital humain (ce qui consiste à améliorer les apprentissages et la productivité) et à accélérer la transition démographique dépend de leurs capacités à développer le potentiel de leur jeunesse, y compris parmi les segments les plus vulnérables de la population. Une analyse récente réalisée dans dix pays du Sahel montre que plus de 14 millions d’adolescentes sont exposées à un mariage précoce, une grossesse adolescente et un abandon prématuré de leurs études — soit 80 % des filles âgées de 10 à 19 ans dans ces pays.

Le taux élevé de fécondité des adolescentes du Sahel rime avec des taux de mortalité maternelle et de malnutrition importants, de faibles niveaux d’instruction et de productivité et un recours limité aux moyens contraceptifs modernes. La gestion des défis démographiques et la réalisation des objectifs de développement humain passent par un renforcement des perspectives d’apprentissage et de gains des adolescentes et des femmes et de leurs capacités à maîtriser leur fécondité.

Démarche

De nombreuses raisons justifient la volonté de relever les défis démographiques à travers une démarche plurisectorielle et régionale, en complément des initiatives nationales (qui portent principalement sur l’amélioration de la délivrance des services). Les pays du Sahel ont en effet des fragilités et difficultés communes. La plateforme régionale du projet SWEDD a permis d’aborder des questions sensibles, de faciliter l’apprentissage par les pairs et le partage des bonnes pratiques, mais aussi de favoriser la mobilisation collective de multiples parties prenantes, la coordination transfrontalière et une saine émulation.

Le projet SWEDD est une initiative régionale phare qui contribue à renforcer les compétences pour la vie courante des adolescentes et des jeunes femmes et leurs connaissances en matière de santé sexuelle et reproductive, favoriser le maintien des filles à l’école, développer les débouchés économiques pour les adolescentes et les jeunes femmes et prévenir les violences sexistes en s’attaquant à leurs racines profondes. Aujourd’hui, il intervient au Bénin, au Burkina Faso, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Guinée, au Mali, en Mauritanie, au Niger et au Tchad, et investit dans le renforcement des capacités des partenaires stratégiques régionaux, notamment l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS) et l’Union africaine.

Résultats

De 2015 à 2020 :

  • Environ 160 000 fillettes et adolescentes ont reçu une bourse d’étude ou une autre forme de soutien pour aller à l’école. Au Mali, dans les zones couvertes par le projet, le taux de décrochage des filles est passé de 53 % en 2016 à 2 % en 2019. En Côte d’Ivoire, 82 % des bénéficiaires ayant reçu un repas chaud par jour ont vu leurs notes s’améliorer, tandis que 85 % ont achevé avec succès leur année scolaire et pu ainsi passer dans le niveau supérieur.
  • Plus de 3 400 espaces sûrs ont été créés afin de dispenser à quelque 120 000 filles déscolarisées des compétences pratiques et des connaissances utiles en matière de santé sexuelle et reproductive, ainsi que des cours d’alphabétisation et d’enseignement du calcul dans certains cas.
  • Plus de 20 000 jeunes femmes ayant bénéficié de formations dans des métiers non traditionnels ont ainsi accès à des perspectives professionnelles plus rémunératrices. Au Mali, les activités d’autonomisation économique ont entraîné une nette hausse des revenus des femmes (d’environ 5 dollars par mois en 2014 à 110 dollars en 2020). Au Tchad, des milliers d’adolescentes et de femmes ont pu accéder à des métiers non traditionnels et mieux rémunérés, comme l’installation de panneaux solaires.
  • Plus de 4 millions de personnes ont fait l’objet de campagnes visant à faire évoluer les normes sociales et les comportements, organisées à la radio, par les chefs religieux et les associations de défense des droits des femmes et abordant des sujets comme les rôles positifs de chaque sexe, la scolarisation des filles, le mariage des enfants, les grossesses adolescentes et les mutilations génitales féminines.
  • Plus de 6 400 chefs religieux ont organisé un dialogue communautaire pour promouvoir la poursuite des études secondaires chez les filles, retarder l’âge de la première grossesse, prôner l’espacement des naissances et la planification familiale et dénoncer les violences sexistes en milieu rural.
  • Plus de 24 000 maris et futurs maris se sont rendus dans des « écoles des (futurs) maris », où les programmes dispensés ont amélioré la participation des hommes aux tâches domestiques et l’adoption de comportements sains en matière sexuelle et reproductive, tout en réduisant les violences contre les femmes et les enfants.

Contribution du Groupe de la Banque mondiale

L’Association internationale de développement (IDA) mobilise une enveloppe de financements d'un montant de 680 millions de dollars (sur la période 2014-2024) au profit des pays et des organisations régionales participant au projet SWEDD, dans le but de renforcer l’autonomisation des adolescentes et des femmes et d’améliorer leur accès à des services de santé de la reproduction et de santé maternelle et infantile de qualité dans les zones choisies. Le programme devrait bénéficier d’un soutien supplémentaire en 2021-22.

Partenaires

Le projet bénéficie d’un appui solide de la part des différents ministères concernés — plan, économie et finances, éducation, santé, affaires sociales, droits des femmes — et de divers responsables politiques à l’échelon national et décentralisé. Il investit par ailleurs dans le renforcement des capacités d’organismes régionaux comme l’OOAS et par le biais de son partenariat stratégique avec l’Union africaine. Le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) concourt à la coordination régionale tandis que le gouvernement français apporte un financement parallèle au Mali. Des échanges entre pays et la convergence régionale avec d’autres acteurs du développement, comme l’USAID, la Fondation Bill et Melinda Gates, des ONG spécialisées et le Partenariat de Ouagadougou ont contribué à l’émergence d’une vision commune de l’autonomisation des filles et des femmes.

Perspectives

À l’heure où sévit la pandémie de COVID-19, tous les pays du Sahel s’emploient à aider les adolescentes à retourner à l’école et à prévenir les violences sexistes. Au Bénin, 23 000 adolescentes recevront un cartable équipé d’un panneau solaire pour pouvoir s’éclairer chez elles le soir quand elles font leurs devoirs. Le projet mettra l’accent sur les élèves scolarisées dans les deux dernières années du primaire et les deux premières années du secondaire, qui correspondent à la période où les filles abandonnent l’école bien plus systématiquement que les garçons.

À l’échelle des communautés, un dialogue continu avec les responsables et les membres de la communauté permet notamment de garantir le succès des interventions. Des évaluations d’impact et des études qualitatives rigoureuses permettront de recueillir de précieuses données sur les démarches efficaces afin d’informer les programmes visant les adolescentes. Le SWEDD est déjà parvenu à modifier la vision de l’utilité des investissements en faveur des filles et des jeunes femmes, considérés comme un moteur crucial pour une croissance économique équitable et durable. À l’échelle des pays, des régions et du continent, le but est d’étendre et d’approfondir les objectifs du SWEDD grâce à des activités supplémentaires, à la poursuite du dialogue entre pairs pour favoriser l’apprentissage Sud-Sud, à une saine émulation et à l’intégration des objectifs du SWEDD dans d’autres projets soutenus par la Banque mondiale et dans les interventions d’institutions régionales et de partenaires du développement.

Bénéficiaires

Les premières bénéficiaires du SWEDD sont les adolescentes âgées de 10 à 19 ans vivant en milieu rural, où les mariages précoces, les grossesses adolescentes, les violences sexistes et le décrochage scolaire sont très fréquents. Les bénéficiaires secondaires sont leurs communautés (parents, garçons, hommes, chefs religieux et traditionnels) et, par ricochet, leurs pays et leur région.